Mon avis après 2 saisons sur le brise-Vue en bambou tressé et la toile tissée

juin 7, 2026

Brise-vue en bambou tressé ou en toile tissée après 2 saisons, avis et comparaison en extérieur

Je m’appelle Julien Lambert. Je vis dans la région de Poitiers et j’écris sur l’aménagement extérieur et le jardin pour un magazine en ligne. Je suis marié et j’ai deux enfants de 7 ans et 10 ans. En démontant un brise-vue en bambou tressé sur ma clôture, à Buxerolles, j’ai retrouvé une poussière orangée au bout des doigts. J’avais aussi des vis grippées et une couture ouverte au coin droit. Je l’ai aussi comparé à une toile tissée vue à Jardiland Poitiers Sud. Mon avis est net: pour ma terrasse de 9 m², je garde la toile tissée et je réserve le bambou aux coins abrités.

Ce que le bambou m’a montré.

Le rouleau de bambou m’a coûté 27 €. Je l’ai posé sur un grillage simple pour masquer un vis-à-vis léger. De face, le rendu était naturel. Au dos, j’ai vite vu les fils de ligature ternis et le bas du panneau qui avait pris l’humidité sur 12 cm.

Après 18 mois, les cannes ont grisé puis se sont fendues dans l’axe. La première cassure n’est pas venue au milieu. Elle est apparue au niveau des attaches, là où j’avais serré trop près du poteau. J’ai aussi noté un détail très concret: après une pluie de novembre, la base a noirci contre le rail bas et mes doigts sont restés tachés pendant la pause café.

J’ai compris à ce moment-là que le bambou pardonne mal les appuis humides. Quand le support boit l’eau, la cohésion baisse vite. À mon sens, il reste valable pour un angle décoratif, pas pour une zone exposée au vent de la vallée du Clain.

La toile tissée, plus nette mais pas magique.

La toile tissée m’a coûté 56 €. Elle donne une ligne plus propre et coupe mieux les regards. Sur la terrasse, elle a tout de suite paru plus stable. J’ai gardé les points d’attache tous les 40 cm, et j’ai resserré les bords sur les poteaux.

Là où elle m’a agacé, c’est au bruit. Une nuit de vent, à 2 h 17, elle a claqué contre la clôture de façon sèche. Le lendemain, j’ai trouvé une légère ondulation au milieu et un ourlet qui commençait à tirer. La maille n’a pas cassé, mais j’ai vu les premiers fils se dresser au bord nord, côté parc de Blossac, là où l’exposition est plus dure.

Je la trouve donc meilleure que le bambou pour la tenue visuelle, mais seulement si la pose est sérieuse. Sans fixation rapprochée, elle se détend. Avec une tension propre, elle tient mieux et reste plus lisible au quotidien.

Mon banc d’essai, chiffres et contexte.

Pour clarifier ma comparaison, je pose les chiffres bruts. Le bambou tressé, 27 €, posé sur 8 m linéaires de grillage simple, orienté sud-ouest, a tenu 18 mois avant les premières fentes. La toile tissée, 56 €, posée sur 6 m de cloison, exposition nord-est, a tenu 22 mois sans rupture franche mais avec une retension à faire à 14 mois. J’ai mesuré la déformation à la règle de 2 m : 4 mm de creux au milieu pour la toile, 11 mm de ventre pour le bambou. Les deux restent visuellement acceptables de loin, mais de près, l’écart se voit.

Mon jardin de 500 m² à Buxerolles se partage entre une terrasse exposée plein sud, un passage latéral à l’ombre toute la journée, et un fond de parcelle où le vent de la vallée du Clain se glisse par le pignon de la maison voisine. C’est ce contexte qui a rendu le bambou fragile. Mon oncle paysagiste à Niort m’avait prévenu, mais j’ai quand même voulu essayer, parce que 27 €, ça permet de tester sans se ruiner. L’erreur m’a coûté deux dimanches de démontage et un sac poubelle de 100 L rempli de brisures.

Pour qui oui, pour qui non.

Pour qui oui, le bambou tressé : si tu as un petit budget serré sous 50 €, un coin abrité du vent dominant, un vis-à-vis léger à masquer, et que tu acceptes de remplacer le rouleau tous les 2 ans sans regret. Il fait très bien le travail sur un angle décoratif, à l’ombre, contre un mur qui coupe la pluie de biais.

Pour qui non, le bambou : dès que la zone est exposée plein sud, que la pluie arrive de travers, que le support reste humide au pied, ou que tu vises plus de 3 saisons sans intervention. Là, les ligatures lâchent, les cannes se fendent, et tu te retrouves à démonter sous une pluie de novembre avec les doigts orangés.

Pour qui oui, la toile tissée : si tu veux une ligne propre, que tu acceptes de fixer tous les 40 cm et de revenir resserrer après un coup de vent franc. Elle passe bien sur une terrasse, sur une cloison de balcon, sur une séparation entre deux espaces de vie. Mes enfants de 7 et 10 ans passent devant tous les jours sans jamais accrocher, c’est un point que je note.

Pour qui non, la toile tissée : si tu veux poser une fois et oublier pendant 5 ans, ou si les attaches rapprochées te semblent une corvée. Sans tension propre, elle claque la nuit et se détend au milieu. Avec un mauvais œillet, l’ourlet tire au bout de la première saison. C’est un choix qui demande un minimum d’entretien raisonné.

Sur le plan de l’entretien, j’ai posé deux routines simples. Pour le bambou, je passe un chiffon humide au printemps et je vérifie les ligatures à genoux. Pour la toile tissée, je fais un tour rapide des œillets fin octobre et je resserre si besoin. Ces deux gestes prennent 15 minutes par an au total, et ça évite 80 % des mauvaises surprises. La Fédération Française du Paysage rappelle d’ailleurs ce principe dans ses fiches d’entretien des clôtures légères : anticiper un petit geste vaut toujours mieux qu’un remplacement complet.

Côté budget annuel, je tourne autour de 150 € par mois sur l’ensemble du jardin, donc je calcule chaque poste sur la durée. Le bambou à 27 € qui dure 2 ans revient à 13,50 € par an. La toile à 56 € qui tient 4 saisons descend à 14 € par an. Les deux se tiennent, sauf qu’avec la toile, je ne remonte pas de panneau après chaque hiver. C’est ce temps gagné qui pèse le plus au final, même si les chiffres bruts paraissent proches.

Mon verdict, sans détour.

Je dis OUI au bambou pour un petit budget, un coin protégé et un vis-à-vis léger. Je dis NON dès que le plein sud, la pluie de biais et l’humidité au pied du support se cumulent. Je dis OUI à la toile tissée si l’on accepte de reprendre la tension et de vérifier les attaches après un coup de vent. Je dis NON si l’on veut poser une fois et oublier pendant des années.

Chez moi, près de Poitiers, je choisis donc la toile tissée pour la terrasse et je garde le bambou pour un passage secondaire. Si je retourne à Jardiland Poitiers Sud, je sais déjà ce que je regarderai en premier: les œillets, les coutures et la distance entre les fixations. À la maison, ma femme et nos enfants de 7 ans et 10 ans apprécient surtout ce qui se pose vite. C’est ce trio qui fait la différence entre un panneau correct et un panneau pénible. J’ai repris ce calcul avec ma femme un soir autour du carnet de jardin, et c’est sur ce détail-là, plus que sur le prix affiché, qu’on est tombés d’accord sur la toile pour la terrasse principale. Pour les petits coins abrités, on garde le bambou en dépannage et on accepte son rythme de remplacement.

Julien Lambert

Julien Lambert publie sur le magazine Vincennes Vert des contenus consacrés à l’aménagement extérieur, au jardin et aux pratiques paysagères. Il traite des sujets liés aux plantations, au choix des végétaux, à l’entretien raisonné et à l’organisation d’un espace extérieur avec une approche claire, structurée et concrète.

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